Mame Diarra Fam : « Je devais être à la Mecque présentement »

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Après Ahmed Aïdara, Déthié Fall, Mame Diarra Fam et Cie sont rentrés chez eux hier, après un procès marathon. C’est aux environs de 1h 30 que le Tribunal a condamné le mandataire de Yewwi askan wi à 6 mois avec sursis et relaxé Mame Diarra Fam. Il reste Guy Marius Sagna qui sera à la barre du Tribunal de Ziguinchor aujourd’hui.

La décision est tombée vers 1h 30, hier, à l’issue d’une audience très… spéciale. Le suspense jusqu’au bout, et surtout lorsque le Tribunal s’est retiré pour délibérer. Quelle éternité ! Finalement, Déthié Fall, reconnu coupable du délit de participation à une manifestation interdite, a été condamné à une peine de six mois avec sursis et une amende de 100 000F. Alors que Mame Diarra Fam a été relaxée purement et simplement. Quant aux autres prévenus, ils ont été renvoyés des fins de la poursuite. Selon le tribunal, il n’y a pas suffisamment d’éléments pour entrer en voie de condamnation.

A noter que le procureur avait requis à leur encontre des peines allant de 1 an à six mois de prison ferme. Le substitut du procureur n’a donc pas obtenu donc gain de cause. Considérant que Déthié Fall a lancé un appel à l’insurrection, malgré l’interdiction de l’autorité, il avait réclamé une lourde condamnation.

« C’est un procès qui est très inédit à tout point de vue. C’est inédit par la nature des infractions qui sont commises contre la chose publique. Donc, il ne peut pas y avoir de compromis ni de tergiversations. On doit appliquer la loi dans sa rigueur pour sauver la chose publique », a-t-il soutenu au début de son réquisitoire. Au président du tribunal, le maître des poursuites dit : « Après l’avoir écouté à la barre, je vous demande d’amputer à Déthié Fall d’avoir participé à une manifestation interdite et d’avoir provoqué un attroupement. Il est coupable de tous les délits pour lesquels il comparaît à la barre. Avec un ton martial, il a mobilisé ses troupes pour maintenir la manifestation. Il a utilisé son intelligence pour amener les jeunes à affronter les policiers.

Tout le monde avait peur. Si les institutions sont sabotées et la loi est méprisée, on tend vers l’anarchie. C’est un député et on ne peut pas accepter qu’il soit à la tête d’un mouvement insurrectionnel. » Il a ensuite demandé au tribunal de le déclarer coupable des faits qui lui sont reprochés. Et pour la peine, il avait sollicité un an dont six mois de prison ferme. « Cette peine est justifiée parce qu’il n’y a aucun regret, aucun repenti. C’est un homme qui a décidé de braver les institutions et les lois de ce pays », a encore dit le procureur. À la barre, Déthié Fall a indiqué : « On est au Sénégal, une démocratie majeure et le droit de manifester est inscrit dans la constitution. On est de très bons républicains. C’est pourquoi on a introduit un recours après l’interdiction du préfet. On ne peut pas me reprocher une manifestation qui n’a pas existé. Par ailleurs, je n’ai pas mis l’écharpe et si on était dans le respect de mes droits, je ne serais pas là devant vous. Je suis député et mes droits n’ont pas été respectés ».

Mame Diarra Fam : « Je devais être à la Mecque présentement »

Concernant Mame Diarra Fam, le substitut du procureur estime qu’elle ne pouvait pas ignorer qu’il y avait une manifestation ce jour-là. « Donc, le délit est constitué à son égard et je demande aussi de la déclarer coupable. Ainsi que tout le reste du groupe. Ils nous ont empêché à un certain temps de vivre. Mais, nous ne sommes pas là pour condamner à tout prix. Nous sommes là pour dire le droit. C’est pourquoi je vous demande de les condamner à six mois de prison ferme », a-t-il déclaré.

Mame Diarra Fam a répondu : « J’ai été arrêtée à Baobab parce que j’étais partie voir Barth, le maire de Dakar. J’étais avec mes deux enfants qui venaient d’Italie. L’une de mes filles est fan de Barth, c’est la raison pour laquelle nous étions là-bas. Je devais être à la Mecque présentement. Et lorsque je suis allée à Baobab, j’ai montré ma carte professionnelle et les gendarmes m’ont laissé passer. C’est devant Barth qu’un gendarme m’a mis dans un fourgon. Mes enfants me demandaient Maman qui est-ce qui se passe ? », a-t-elle soutenu. Avant de dénoncer l’attitude du gendarme qui l’a arrêtée et qui lui aurait lancée : « Vous vous croyez maître de la République. C’est le commentaire de l’adjudant. »

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